Camino 2008

Burgos

Sac a dos

Looking for a little path, I’m still in the big cities.
Effervescence des matins de semaine dans les transports à Madrid. Sommeil dans le train et arrivé rapide à Burgos.
Autre grande ville, je prends le temps de la quitter, il me faut un crédential à la vue du nombre de pèlerins qui arpentent les rues.
Ce sont des retrouvailles faciles. Un canadien attend devant l’auberge, première discussion.
Je les rencontrerai chaque jours, est-ce les mêmes questions qui viendront? Une pièce musicale qui change avec chaque personne.
Des groupes s’ameutent, ce sont des professionnels, des mangeurs de kilomètres, de la performance, de l’expérience, une aventure de groupe.

Sortie de Burgos difficile, ça ne ressemble plus à mes souvenirs. Une longue route goudronnée pour faire le tour de l’aéroport.
Premiers croisements de pèlerins, j’apprends à leur dire bonjour, j’observe leurs réactions variées.
J’ai croisé un couple de filles avec un chien, il porte son propre bagage. Première rencontre énergétique, je ne les connaîtrai pas plus.

San Juan de Ortega (km 21)

On commence a tirer après le déjeuner, les kilomètres sont enfin là et je me rencontre: le stress monte sur la possibilité de ne pas avoir de place à l’auberge.
Je croise un peu moins d’une centaine de pèlerins dans la journée, la découverte solitaire continue. C’est maintenant très facile, à découvrir au moins un personne par soir.
Je suis un animal social, la survie fait sa place.

Spirale

Il y a une spirale de pierre près de Burgos, et à la parcourir de l’intérieur à l’extérieur, la vie s’accumule, en repassant par les mêmes endroit, chaque fois avec une expérience plus épaisse.

Dans la forêt, je m’engueule pour me reposer. Je vais m’assoir près d’un arbre, sur une petite butte.
Mon fessier s’enfonce, je me retourne, les fourmis en furies sortent de leur fourmilière.
La malchance d’une vie de fourmi.

Entrée feuillu

La formation de guérison d’ampoule m’a été utile. Heureusement que j’en avais qu’une, l’aiguille est ensuite partie se cacher dans le feuillage supportant le banc.

J’étais a bout, c’était le moment de partir. Il me faut maintenant découvrir comment contrôler ces excès sans exil.

Mon âge mental est inversement proportionnel au temps que je passe avec un fille, à partir d’un point X.
Je lui ai fait découvrir l’homme que je suis, mais ai perdu tout ça depuis, je comprends qu’elle m’ait quittée.

Livre: Hervé Bellec, “Garce d’Etoile”

San Juan de Ortega a changé, une auberge toute neuve, 3 étoiles, qui sert aussi de restaurant.
J’ai retrouvé un groupe de français qui m’a présenté à toute leur promotion.
Les francophones restent entre eux, ce qui ne change pas trop.
Une danoise me dévisage, elle est avec un Sage, autre dénominateur commun du chemin.
Je retrouve ces catégories spirituelles de pèlerins: les marrants, les timides, les buveurs, les couples, …
La promiscuité et leur proximité développent et enveloppent chacun de nos maux.

Je suis le solitaire, le jeunot, le poseur de questions au rires faciles.
J’ai passé une partie de la journée à me demander ce que j’avais fait ces 5 dernières années, maintenant que j’ai un point d’origine pour commencer à compter.
Je n’ai pas réellement changé, il est probable qu’en faisant le chemin dans l’autre sens (vers Compostelle), j’aurai retrouvée les mêmes complicités et frustrations que la dernière fois.
En le faisant dans ce sens, je multiplie les départs, les rencontres et permet de ré-inventer chaque jour, même si au final, les rôles restent les mêmes.

Il est l’heure d’aller préparer les affaires pour se lever au plus tôt (voir d’organiser un réveil de voisinage), première nuit sur le chemin.

Villafranca (km 33)

Ombre matinle

Réveil presque solitaire, peu sont restés à l’auberge après mon départ.
Premier kilomètres tout aussi solitaire, je croise le premier pèlerin qu’après plus d’une heure de marche, ils viendront ensuite par vagues.
Ayant fait la moitié du trajet de la journée, j’ai déjà croisé une cinquantaine de pèlerins.

Je commence à bien me débrouiller pour expliquer mon retour, bien qu’aux yeux de beaucoup, je resterai l’anomalie de l’étape.

En me réveillant la nuit passée, il a fallu que je croise cette danoise dans les couloirs, les coïncidences sont aussi de retour.
J’ai ensuite passé un long moment à me demander quelle heure il était, et à fantasmer sur Mercedes, sur ses prochaines conquêtes.
Rien n’a changé depuis des années, je suis incapable d’en laisser pour les autres.
J’aurai aimé cette courte période où je rêvais de la considérer comme ma soeur.

Belorado (km 45)

Arrivé, exténué, brûlé… la journée a été difficile, maux de pieds, peut-être les kilomètres qui s’accumulent ou la faim toujours pas assouvies à l’arrivée de 15h.
Le départ de Villafranca ne m’a pas arrangé, avec 12 km de chemin sans ombre.

Premier arrêt internet, trop rapide pour prendre contact, la place ne m’inspirait pas.
Claire m’a laissé un message, son été a fait ses fruits. Je garde de bons souvenirs câlins de l’année passée, t je dois encore me faire pardonner mon comportement avec elle les dernières fois qu’on s’est vu.

Je rencontre un brésilien, Narciso, et une française de Grenoble près de Tos Santos. Je ne les reverrai plus, la rencontre a été agréable.

Bellorado

En 5 ans, tout change, je retrouve quelques fragments de mémoire, mais recomposer le tout à l’envers me donne quelques surprises sur mes interprétations du passé.
J’ai essayé de retrouver l’endroit où nous avions logé, il y a 5 ans à Belorado, où j’avais appris à connaître cette italienne.
Endroit disparu, ou alors c’était ce couvent au coin d’une place, en rénovation.

L’auberge paroissiale remplacera bien ce souvenir: 2 volontaires de Suisse et d’Allemagne, tout propre et bien organisé.
Des cigognes nichent sur l’église accolée, claquettements.

L’hôtelière me demande pourquoi je voyage seul, je lui réponds que dans ce sens ce n’est pas facile de voyager avec d’autres pèlerins.
Maintenant, je comprends ce qu’elle me demandait vraiment: pourquoi je voyage seul en sens inverse?

Quelques minutes en plus sur internet, et au vu du déroulement de la conversation, tout à l’air d’aller au mieux.
Il faut juste que je prennes le temps d’envoyer un mail à Claire et les factures à Maria.

Drôle de scène de repas. Je fais des tours dans la ville pour trouver la supérette, finalement cachée dans la seule rue que je n’avais pas traversé…
Je tente quand même le restaurant de la place, les murs verts, 20 tables, un couple et un pèlerin seul, une télé… la salle me parait tellement pathétique que je m’excuse de faire demi-tour.
Finalement de retour de la supérette avec mes quelques fruits, je n’ose toujours pas aborder le groupe de jeunes, presque sans regrets à force d’entendre une voix irritante de ce groupe qui ne cesse de parler.

Dans la chambre, je rencontre un australien, qui a souffert plus que moi, sans eau ni chapeau, les 5 derniers kilomètres de l’après-midi.

En sortant mon ordinateur dans la salle a manger, c’est le silence, les voix sont à peine perceptibles mais j’entends les regards: “qui est ce pèlerin numérique?”

Je sens leur souffrance à devoir porter 2 kg de plus chaque jour, je devrais leur présenter mes épaules sans peurs.

Deuxième heure d’aller se coucher. J’ai peu manger, mais il y a des réserves pour le petit déjeuner.
Demain, longue route près des voitures, il me tardera d’arriver à Logroño.

Santo Domingo de la Calzada (km 67)

A peine arrivé, il est 14h45, l’auberge ouvre à 16h, direction le bar d’en face, une bière géante et un hamburger sur la table.

La mâtiné a commencé par une masturbation, celle de quelqu’un d’autre dans le dortoir, finie bruyamment par un réveil qui sonne.
Le petit déjeuner à l’auberge paroissiale était excellent, j’ai fait quelques mètres avant de me rendre compte que j’avais oublié ma gourde.
On m’interpelle pour m’indiquer la route vers Santiago, le temps de me retourner pour signaler que je vais dans l’autre direction.
Je croise vite quelques pèlerins, soit je me suis attardé au petit déjeuner, soit les premières auberges sont toutes proches.

Bottes de paille

En arrivant au premier village, 5 km, je pense à la victoire, déjà un quart de la journée avalée.
Victoire vaine, à chaque village une pause, le compteur n’avance pas, les pieds ont à chaque fois plus de mal à repartir.
Je rencontre un français et un coréen sur le bord d’une fontaine, le français m’indique les prochains villages et peine a communiquer au coréen ses questions ennuyantes.

Exténué au prochain village, j’échange mes chaussures pour les sandales, et tout va mieux.
Voilà plus d’un an que j’ai ces chaussures, sachant parfaitement qu’elles sont trop petites, j’aurai pu le vérifier les 2 derniers jours.
Tant qu’il ne pleut pas, et que j’ai le temps d’arriver à Logroño pour acheter une nouvelle monture.

Montée jusqu’à Grañon, premier village de la Rioja, inacceuillant, un papy me montre un mauvais chemin.
Je me pose avec une vue sur toute la vallée de Santo Domingo, et quand un pèlerin repasse, je pars a sa rencontre lui demander le bon chemin.
Il ne reste plus que 6 km, les plus longs.

Sur ces derniers kilomètres, quelqu’un marche à 500m devant moi, dans le même sens!
Essayant de remonter plus vite, je demande a une française si c’était bien un pèlerin en vue, elle me répond qu’elle la voit tous les jours, faisant des aller-retour avec sa voiture.
Voulant en savoir plus, je me défonce pendant quelques centaines de mètres.
Je croiserai un groupe et comprendrai le stratagème: une voiture attend le groupe à l’arrivé, et la conductrice part à leur rencontre.

Groupe de français sur la terrasse du bar, une québécoise folle aux 40 km par jours pendant 4 jours, une serveuse qui se trompe sur chaque commande.

Des heures à dormir, je commence à tomber malade, la petite fatigue aidant.
Retour sur internet, je retrouve Mercedes, je ne saurai pas comment elle va, ils s’occupent probablement bien d’elle à Las Indias.
Elle m’a envoyé des numéros de téléphones à contacter à Logroño, à voir mon aptitude sociale dans les 2 jours suivants.

El buen gusto

Ce soir à encore été très solo, je loupe le groupe de français pour leur proposer de me joindre à eux.
Déambulations dans les rues, le président de la Rioja festoie devant une boulangerie, vin et pâtisserie en forme de coq, je rencontre un couple d’allemand, partis de Munich il y a quelques années, et qui commencent demain à se diriger vers Santiago, avec un mois pour atteindre la destination.
Ils me quittent, et me retrouvant seul à nouveau, je repars à la recherche d’un kebab.
Passage devant un pub, une fille m’accroche le regard. La recherche du kebab s’intensifie, afin de pouvoir passer à ce pub avant l’extinction des feux.
Pressé, et ne voulant pas d’une recherche infructueuse, je demande à un passant la direction du kebab le plus proche, il me montre la devanture en face de nous.
Retour à la cathédrale, je pense que tous les pèlerins étrangers devraient essayer le kebab européen. Je repense aussi à Fred, ce soir devant l’église à Toulouse.
Fin du kebab, j’hésite mais me dirige finalement vers le pub. Regard par la fenêtre, elles s’en vont déjà.
A ce moment là je m’en veux d’être un incapable social, les jeux de mon imagination sont tellement plus agréables…

Passage au supermarché (jus d’orange, amandes, noisettes), puis je retourne à l’auberge.
Discussion avec Dilsi, une brésilienne du sud de Porto Alegre, qui vient de passer 15 jours comme hospitalière dans une auberge de Najera.
Elle l’a passé plutôt mal, 15 jours au même endroit dans la routine inconnue des pèlerins: levé, nettoyage, accueil, répéter 15 fois.
Elle bavarde, marcher lui a redonner ses couleurs.

Je n’ai pas conscience de mon moi physique. Des fois, il me revient, dans un miroir ou un regard, mais souvent je l’oubli, avec le même décalage avec lequel j’ai appris à grandir.
Un physique de 16 ans à l’âge de 12 ans, j’ai dut me perdre en essayant de compter. Marcher, avec ce sac sur le dos, me modifie toute apparence corporelle: cheveux gras, barbe négligée aux brûlures du soleil, les épaules qui remontent, des muscles qui apparaissent sous les poils des mollets, une ampoule mal soignée au talon du pied gauche.

En revenant à l’auberge, un couple de seniors espagnols croient croiser un géant. Je souris et passe mon regard dans la ruelle bien peuplée, personne ne dépasse mes épaules parmi tous ces gens.

Direction le lit, demain risque d’être froid juste avec les sandales, et lourd, avec les autres chaussures dans le sac à dos. Bonne nuit.

Najera (km 91)

Je passe une heure à penser à tout ça avant de m’endormir, et aussi les 6 premiers kilomètres, à perdre du temps à me tromper de chemin ou à trouver le bon.

Sortie polygonale de Santo Domingo, ça ne me rappelle rien et il n’y a plus de piste.
Au bout d’un moment, je retrouve un chemin qui repart vers une colline, les marques de pieds y sont, la piste est bonne, la mémoire revient.

Levé de soleil

Levé de soleil nuageux, sur la vallée.
Premier village, première perte d’orientation, et recherche des flèches jaunes.
Quelques pèlerins passent au loin, il faut traverser une nouvelle et énorme zone résidentielle.
Première parole de pèlerin du jours, je demande ma route pour éviter de me reperdre.
Passage près d’un golf (Jaguar, BMW, Mercedes…) puis une longue descente à croiser un vague de pèlerins.
Quelques arrêts pour discuter, je confirme la théorie que la discussion se termine rapidement à l’évocation de mon départ de Burgos.
Je croise une classe d’adolescents jumelés, les professeurs m’enseigneront la route a suivre.

La mini-explosion m’a exténuée, premières pensées sur l’arrêt éventuel de ma marche, en levant le pouce jusqu’à Logroño et rejoindre au plus vite la France.
Je me reperds, qui suis-je?

Azofra en vue, le sac commence a peser.
Je me souviens bien du centre ville, nous avions acheté du pain ici.
Passage au bar, où je commande un sandwich (jamon, queso, tomato) et rencontre l’hospitalero de l’auberge du village, toute neuve.
Il insiste pour que j’aille me tremper les pieds dans la petite piscine aménagée.
Je m’y ennuie, surfait, je rentre pour lui dire au revoir mais il n’est plus là.
Un peu dérangé par sa vente forcée à l’auberge, il n’était que midi, et pour être à Logroño le lendemain, il me fallait marcher.

Sortie du village, explosion derrière moi, j’en retrouverai plusieurs autres par la suite, des chasseurs?
Un français qui a bricolé une brouette, la discussion est saine,, j’aime sa façon de voir les chose et de caminer, un autre Sage.

Les discussions se font plus facilement dans la montée vers les vignes, ça devient calme.
Il n’y a plus de pèlerins à un moment, je me rassure avec les marques de pics sur le sol, et le PQ sur les bas-côtés.
Au bout d’un moment, arrivé dans un polygono, je ne suis vraiment pas sur le bon chemin, aucune flèche au croisement…
Arrivée sur une voie rapide, quelques centimètres d’une bande d’arrêt d’urgence, pendant 200 mètres au pas de course, suivi d’une courbe de décélération défavorable (je suis à l’intérieur du virage), il commence à pleuvoir, la fatigue regroupe le tout, et si je me retourne je peux lever le pouce jusqu’à Logroño.
Je décide de m’arrêter quand même à Najera.

Recentrage dans la ville à la recherche des flèches, j’arrive au centre historique, l’auberge n’est plus à la même place qu’il y a 5 ans.
Place centrale, je croise d’autres pèlerins, ils m’indiquent l’auberge qui ouvrira une heure plus tard.
En suivant la direction indiquée, je retourne vers Compostelle, avant de comprendre le cheminement pour me rendre à l’auberge en suivant les flèches dans un nouveau sens.

Passage au bureau du gouvernement de la Rioja sur la place, il y a un arobase sur la vitrine, et un ordinateur a disposition pour aller sur internet.
Je retrouve Mercedes, je lui dis que ça ne va pas, mais sans vouloir m’étaler sur le sujet.
Elle doit recevoir quelqu’un pour sa cuisine, la conversation mal comprise se termine.

Je me tourne à l’auberge, quelques français des Pyrénées-Atlantique sont déjà là, il m’informe comment rejoindre Logroño, ils ont pris un bus jusqu’à Navarette (il passe toute les demi-heures).

Le groupe de l’auberge est très jeune aujourd’hui, et si je devais repartir dans l’autre sens, en tenant compte de la première impression, je rebrousserai chemin sans doute avec eux.
La vie de pèlerin a peu d’intérêt une fois le sac posé dans une auberge, et je commence a m’ennuyer sérieusement après 17h, plus que 5h avant l’extinction des feux.
Je me sens encore hésitant sur ma poursuite jusqu’à Pamplona, la pluie prévue le lendemain me démotivera peut-être définitivement?

Je pense partir aujourd’hui, la fuite, j’ai perdu une partie de l’esprit serein gagné à la force des kilomètres.

Logroño (km 116)

En commençant par la soirée de la veille, avec le plus jeune groupe jusqu’alors rencontrer.
C’est timidement que je rejoins ce groupe pour aller au supermarché, tout en désorganisation, la fatigue de chacun n’aidant pas.
De retour à l’auberge, la préparation à la cuisine prend quelques temps, mais une fois la table prête, c’est un festin pour tout le monde: pulpo et moules, nourriture presque inconnue qui donnera quelques réticences, rissoto et gratin de choux-fleurs aux cacahuètes.
Je resterai timide dans le groupe, en apprenant quelques prénoms: Benoît, Laurent, Tim, Paul, Nacho. Ambiance d’auberge par de voisins de tables italiens, groupe de fêtards.

Il est 22h, le pauvre hospitalero à une autorité d’huître, il menace d’éteindre les lumières à l’heure pile pour activer le vidage de la salle commune.
22h au lit, les voisins français commencent leur show, ambiance de collège. Je trouve ça marrant, mais pas tout le monde, et quelques voix haussent le ton vers 22h20.
A 22h30, les lumières sont éteintes, et ça commence a ronfler. Je vais me coucher dans la partie vide et silencieuse du dortoir.

Je me lève serein, à 6h. Je suis plus paisible que les jours précédents face à Mercedes, c’est quelque chose que je peux réussir, nous retrouver comme “hermanos”, me retrouver.

Départ de nuit, il est 6h30, premier de sortie, j’hésite un peu dans les rue de Najera, pas envie de me tromper aussi tôt.
Finalement, succès, bien que ça ne ressemble en rien à mes souvenirs, les premiers kilomètres de la journée sont longs.

Ombre et cailloux

Des pèlerins québécois, je leur tue leur marche en demandant une distance/temps jusqu’à Navarette, je crois qu’ils pensaient avoir fait plus de route.
Je croise 2 pèlerins avec chacun sa guitare dans un emballage plastique, moi qui me plaignait de mon ordinateur…

Après une explosion au naturelle, je suis une autre trace dans les vignes.
Descente au milieu des champs, c’est agréable, et en m’étant tromper de piste, je ne rencontre plus cette interminable file de pèlerins qui se posent tous la même question.

Arrivée à Navarette, je pense appeler Mercedes pour lui parler de ma victoire, mais il n’est que 10h30.
Je passe a un cybercafé, j’envoie un mail a Claire et les factures a Maria, puis traîne un peu.

Chaussures

Je repars, pour Logroño, et grande explosion alors que tout se passait très bien: “Tous s’en vont!”
Le lien unique entre tous ces déboires, depuis mes premiers âges, et avec l’éducation que m’ont porté mes parents.
J’explose et je panique.
Le même problème que toujours, et toujours ce manque de solution.
C’est une analogie au chemin actuel, aux rencontres minutées, et à ce fameux sens inverse, populaire chez les autres pèlerins, aux relations longues et uniques.
Je me remet en vrac, je ne sais plus quelle victoire j’ai à annoncer à Mercedes.

Je laisse une message à Alex, une amie de Mercedes à Logroño, que j’avais appelé de Najera la veille, en lui précisant le peu de confiance que j’ai en l’OpenMoko pour assurer la suite.

Un californien passe, plein de vie, le genre de type avec lequel j’aimerai marcher.
Je ne le suivrait pas mais il me remontera le moral.

Entrée a Logroño

Descente interminable dans le parc vers Logroño. Je continue à pieds, le bus qui passera que dans 1h30 à 14h30.
Perles de pèlerins jusqu’au centre ville, l’entrée de ces grandes villes est toujours aussi détestable.

A l’auberge, les pères jésuites hospitalero sont plutôt austères, Paul et Bruno, avec un certains sens de l’humour fameux dans mes étapes précédentes.
L’auberge ferme à 21h30, je n’aurai peut-être pas le temps de m’ennuyer.

Bière sur la place de l’église, je rentre dormir un peu.
Durant le sommeil, une idée saugrenue me vient, du geocaching post-mortem, je veux lasser un message à Mercedes dans Logroño après être parti.
J’ai tout: la boite, le texte, le GPS. Il me manque l’endroit et la raison.

Je déambule, me sens seul, je rappelle Mercedes bien que je m’étais promis de ne pas le faire avant le surlendemain.
Nouvelle coïncidence, je n’arrivais pas à la joindre car j’avais mal noté son numéro, une inconscience pour m’empêcher de l’appeler?

Je retourne à l’auberge, un couple d’allemands me propose de les rejoindre à leur table contre l’échange de bons conseils pour les prochains jours. Mercedes me rappelle pendant le repas.
En faisant des courses pour le lendemain (dates, jus d’orange et kiwis), je la rappelle.

Streetart

Quelle vie dans les rues de Logroño un samedi soir! Peut-être est-ce uniquement le coup de fil qui m’a énergisé.
J’ai vu les enfants pleins de vie sur la place, je l’y imaginais. Des graffiti, une expo photo, la rue des bars à tapas, l’initiateur de mon goût pour les champignons, un vieux camion de pompiers avec les enfants aux commandes.
Une voiture de police devant le parlement de la Rioja, un enfant qui s’écrit: “C’est la maison de la police!” Vision enfantine, incompréhension adulte.

Il y a une terreur du ronflement qui dort au dessus de moi, tous ses anciens voisins de chambre m’ont prévenus, quelques uns ont déjà prévu l’évasion.

Navarette (km 143)

Le ronfleur a eu raison sur toute la chambrée dans la nuit, j’entendais des rires, des bruits de pas, des claquements des révoltes qui se formaient pour le sortir de ses sons.

Je pars un peu tard, vers 7h30, après avoir traîné au lit, puis la sortie de la ville est très rapide comme prévue.
Je pense alors m’arrêter à Torres del Rio, étape facile, Je retrouve quelques souvenirs dans les pins de la piste, parfois difficile a suivre. J’attends les pèlerins pour demander ou visualiser la direction.

Je marche dans un paradoxe: ce chemin à l’envers n’est pas le plus solitaire, c’est celui où l’on croise le plus de pèlerins, où il est très difficile de passer une heure seul sans croiser personne.

Premier village, Viana, avec des pèlerins peu accueillants ou mal réveillés dont un qui m’indique une mauvaise direction… Un local me rattrapera pour m’indiquer la bonne.
Longue partie de route, je commence à comprendre l’aigreur de ceux que j’ai croisé.

Passage dans les collines dans des chemins de terre
Je pense toujours au geocaching postmortem, ça serait l’endroit idéal, dans une de ces ruines posées le long du chemin.
Je ne crois plus au romantisme de l’idée, j’y revois les référence au Zèbre d’Alexandre Jardin lu et apprécié l’année passée.

10% hasta Logroño

Longue montée, Logroño s’éteint, je croise un couple de vieux français et 2 espagnols marrants.
13 km au calme sous les pins, des petits chemins, je pourrais marcher toute la journée sur cette route, notant un net changement par rapport au mental de la veille.

Torres del Rio

Torres del Rio, un petit village vivant un dimanche, je ne suis pas assez fatigué pour déjà m’arrêter.
Même constatation à Santos, le village d’en face. Il n’y a pas d’auberge, juste une montée à couper le souffle pour se poser près de l’église.

Je continue jusqu’à Los Arcos, il reste 7 km.
Il faudra voir comment je pourrai rester à Villamayor, dont tout le monde parle, qui ne sera plus qu’à 12 km de Los Arcos.

L’auberge est la même, et arrivé plus tôt que lors de ma dernière insolation, je profite de l’étage.
Internet à 1€ les 20 minutes, je finis en 5 minutes et en profite pour traîner un peu.
Quelques jeunes, avec un français qui à déjà la côte auprès des filles du groupe, j’essayerai de dîner avec eux le soir.

Le savon est resté à Logroño, dommage, je demande facilement un remplacement, les magasins étant fermés ce dimanche.

Lors de l’enregistrement, les hospitaleros prennent la personne assise près de moi pour mon père.
Johnsonn, de Manhattan, croisé peu avant en train de chercher un hôtel. Contact austère ou humour peu aligné.

Los Arcos

Les cloches sonnent pendant 15 minutes pour annoncer la messe, l’ambiance est bien moins festive que la dernière fois, peu ont dut penser à remplir des bouteilles de vin à fontaine à la sortie d’Estella.
J’ai très mal à l’ampoule du petit doigt au pied droit, et je n’arrange rien en appuyant de tout mon poids sur le pouce.

Milieu d’un champs (km 148)

Ce n’est que depuis le réveil que je pense envoyer un mail à Mercedes, ici je pose les mots pour m’en décharger pour le reste de la journée.

Estella (km 164)

Hier. Finalement j’ai mangé seul. Le groupe était bien soudé, je ne me sentais pas raconter une autre fois mon histoire.
L’hypocrisie de certains amène tout le monde à la messe, t le français s’est fait déjouer, un autre pèlerin lui raconte que certains ne font le camino que pour le sexe.
C’est certes assez facile, mais du coup je pense à pourquoi chacune de ces personnes se trouve là: pas grande monde ne le fait par pur plaisir.
Dans chacun de ces pèlerins, il y a une raison extrême, une histoire bien cachée qu’il va pouvoir ruminer tout au long de sa marche.
Je sais pourquoi je l’ai fait il y a 5 ans, et je sais pourquoi j’y suis retourné aujourd’hui.
Il y a sûrement pleins de nanas mignonnes avec qui marcher toute la journée pendant un mois, puis se retrouver dans l’intimité des auberges, mais elles aussi ont leurs raisons de partir sur ce chemin.
A voir ce qu’il s’est passé la veille, il est certainement facile de déceler ceux marchant sur un pèlerinage sexuel.

Après 5 ou 6 tours de la minuscule ville de Los Arcos, passant devant chacun des 5 bars ouverts, et trouvant n’importe quel prétexte pour retourner à l’auberge afin d’allonger le trajet, je décide finalement de ne pas attendre la fin de la messe pour me diriger vers un comptoir de bar.
Bocadillos, patatas et 2 cañas, devant la TV montrant des jeux basques extraordinaires. Les autres pèlerins rejoindront le bar, avant de ressortir devant la foule, le ventre vide.

Tôt couchage ce soir là, aux alentours de 21h.

Je prends mon temps pour me réveiller, la nuit a été dure, avec juste 3 ou 4 séances de sommeil entrecoupées des typiques pensées à Mercedes.

Déjeuner rapide, le jeune allemand semble déjà assez bien dans le trip du camino.
En remontant les vagues de pèlerins, je vois l’évolution des trips de chacun, et des relations.
Une sage folie s’installe peu à peu au fil des étapes, et j’apprécie qu’en le faisant dans ce sens, je me retourne vers la réalité.

Je pensais envoyer un mail de l’auberge à Mercedes, mais l’aubergiste semble assez clair quant au départ à 8h, et je n’ai pas encore de brouillon.

Dans la ville, un pèlerin me dit que je suis dans la mauvaise direction, réveil aigri?

Passage à la campagne, les souvenirs de mon insolation reviennent, avec ces quelques centaines de mètres en voiture.
Overdose de Mercedes, ma gourde tombe et se vide, un signe? Je me calme et je me pose plus loin pour écrire le brouillon d’un mail que je pourrai lui envoyer plus tard.

Des pèlerins manquent de se tromper de chemin, je les sauve d’une longue journée.

Je suis encore plus calme maintenant que tous les mots sont posés, seuls me restent quelques dialogues internes de corrections.

Passage tranquille, je ne force pas, il ne reste que peu de kilomètres jusqu’à Villamayor de Monjardin.
Grosse montée pour y arriver, passage devant une bodega, tracteur unique pour la cueillette des raisins, vapeurs de vin prenantes à l’entrée du bâtiment, odeurs de pins plus loin dans le village.

L’auberge paroissiale ne ressemble pas aux photos des allemands de Logroño, je continue à grimper.
Une place, toute une vague de pèlerins autour d’un café.
L’auberge se trouve aussi là, mais n’ouvre que dans 4 heures, à un prix non-raisonnable.
Un des bon points de cette auberge est d’offrir une méditation, est-ce nécessaire d’attendre pour le faire? N’est-ce pas ce que je fais toute la journée?

Pause sandwich puis direction internet, j’ai besoin d’une bonne demi-heure pour écrire et corriger le mail à Mercedes. Je repars encore plus calme vers Estella.

Fontena medieval

Peu de pèlerins sur le reste du chemin, avec un premier passage sympathique, paysages avec vu sur le château de Villamayor et bocages ombragés.
J’arrive près de la ville, en commençant à avoir peur d’avoir loupé la fontaine à vin et sa webcam.
Mais finalement j’y arrive, j’appelle Las Indias, ils mangent, le temps d’installer la webcam et ils me voient, toujours avec les perturbations de l’OpenMoko.

La descente en ville est assez longue, près d’une route fréquentée.
L’auberge reste la même, je me sens comme si j’étais revenu chez moi, à 5.50€ petit déjeuner compris.
L’insolation du chemin passait était-elle dut à l’incompréhension créée dans cette auberge?

Après avoir étendu le linge, je retourne à la bibliothèque de mes souvenirs, toujours aussi tranquille, et il y a toujours internet.

Fin d’après-midi, tâches du pèlerin, aide à la traduction en espagnol, je me pose sur le banc en face de l’auberge, j’observe la vie de ce petit village pendant quelque temps.
De retour sur internet, Mercedes est là, on s’échange des bisous virtuels, le mail de ce matin a dut lui faire plaisir.

En visitant la ville, je fais ma première donations a une église depuis des années.

Kebab suspect, j’espère ne pas être malade dans la nuit. De retour à l’auberge, tut le monde est à la cuisine.
Peu envie de raconter mon histoire, peu envie de me joindre au groupe.
Toujours mal à cette ampoule, juste le soir, je crains une tendinite si je ne bois pas assez.

Puente la Reina (km 188)

Réveil en musique, Bob Marley, la bonne ambiance pour commencer la journée.
La nuit a été tranquille, et en me levant je remarque que Mercedes ne m’a pas troublée cette fois-ci. Je rattrape ça durant quelques dizaines de minute.

Départ, je me souviens du chemin.
Un ânes apparaît, les tentes sont posés derrière le bâtiment. Il hénie quand je traverse le pont pour le quitter, un au-revoir?
Je me demande si c’est le même âne avec les même pèlerins qu’en 2003.

Passage résidentiel en construction, le site ne se ressemblera plus dans un an.
Quelques hésitations sur le chemin mal indiqué, mais heureusement les premiers pèlerins arrivent.

Autre village, dans la mémoire aussi, je cherche l’église pour me poser, elle se cache.
Grappes de raisins sur la façade d’une maison, je trouve aussi le clocher plus loin.
Assis sur les marches de l’église, un couple de françaises passent, puis 2 australiennes en surpoids. Je me demande comment elles font pour marcher autant, et combien de kilos elles perdront jusqu’à Santiago.

Reparti, plus de relief, première figue, un peu verte.
En voyant les nuages derrière moi, je commence à accélérer pour avoir le moins de pluie possible, quitte à m’épuiser, j’en sue déjà.

Vague de pèlerins, vieille voie romaine, toujours en montée.
Au sommet, un village, je m’arrête à la boulangerie pour remplir la bouteille, il commence à pleuvoir.

Je pars sur le mauvais chemin, mais une femme à sa fenêtre, parlant de la pluie, me confirme dans la mauvaise direction.

Echangeur d’autoroute, aucunes flèches, un pèlerin au loin, la bouteille tombe, je me calme…
Rebroussant chemin, je me place sur une butte, un autre pèlerin apparaît dans les vignes, sur le bon chemin.
Après quelques dizaines de mètres de forte pente pour descendre la butte, je passe sur un campement de cheval, et retourne sur le chemin, il pleut un peu moins.

Autre village, j’ai autant mal au dos que de mal à suivre les flèches.
Une femme se change dans un abri, lors d’un picnic. Je leur demande la suite, assez simple. La pluie reprend.

Descente forte pleine de graviers, je repense à ce que m’ont dit les catalans la veille.
En bas je m’aventure un peu en me trompant, mais reste bien parallèle au chemin.

Jour de pluie

Je repense aux 3 derniers jours du dernier camino, la pluie me remet à l’épreuve.
Comme une épée bien forgée, formée au rouge, le forgeron la passe à l’eau pour la terminer, et la durcir.
Si l’épée craque, le processus à échoué.

Je repars terminer l’étape, je ne me souvenais pas que la ville était aussi longue.

Arrivé à l’auberge, il fait froid, et il n’est que 13h30.
Je m’installe, passe sur internet. Tout le monde mange, je commence à écrire, un masseur soigne gratuitement quelques pèlerins, il y a aussi de l’ambiance dans ce groupe.

Un réseau wifi est disponible à l’auberge, j’arrive a me connecter gratuitement à internet, pas beaucoup plus de belles choses à raconter, ils partent finalement du vendredi au dimanche à Bilbao.

Après la douche, je m’endors avec des pensées noires: la pluie, la fatigue, en ayant peu mangé, sans l’envie de rencontrer de nouveaux groupes chaque soir. J’ai besoin de me poser, où?
Je me réveille très démotivé, avec la peur de n’avoir rien accompli, à l’approche de la fin de la marche.
Je me ressens faible, comme si la pluie avait nettoyé toute la peinture de force que j m’était fixé ces derniers jours.

Pamplona (km 210)

Longue dernière journée, remplie, les pieds aussi, ils sont content de s’arrêter.

La grande table de la veille aura réussi à me redonner le sourire.
En gardant le bourdon, je me détache assez vite pour retourner sur l’ordinateur, au calme.
Content d’avoir connu pour cette soirée une canadienne survoltée, Bridgett, 2 frères coréens, Thai et Pei (ça sent le jeu de mot de leur part).
Pei était malade, et son frère était assez exceptionnel, une future étoile de la vie.
Il y avait aussi Martin, au sens de l’humour bien irlandais, des mexicaines, des italiennes et des espagnols.
Ca chantait les hymnes nationaux de chaque pays, des chansons d’amours autour du vin.
J’aurai vraiment regretté de n’avoir pas mangé avec eux, comme ces autres francophones plus renfrognés qui occupé une autre partie de la salle.

Nuit courte, j’entends l’eau couler en ayant peur que ça dure une journée de plus. Je pense moins à Mercedes.
Au réveil, je me rends compte que c’est l’eau d’un ruisseau qui coulait, et dehors il n’y a que du brouillard.

Je prends soin de dire au revoir en remerciant pour la soirée précédente, le moral ne serait certainement pas le même sans ça.
Thai offre des petits sachets de Ginseng à chacun, leur botte secrète?

Dernier jour

Le départ ne ressemble pas au guide de Martin, je descends puis remonte vers l’auberge ne trouvant ni flèches ni souvenirs.
Les espagnols m’indiquent le chemin, je demanderai confirmation à l’auberge suivante.

Sur le chemin, des centaines d’escargots, certains y passent leur derniers instants.
J’avais déjà commencé à penser à Mercedes, et maintenant l’occasion est trop bonne: je lui ramène un Alfred plus robuste, plus grand, plus naturel.
Décapsulage de la lampe qui ne servira plus, voici un escargot qui fera plus de kilomètres que tous ses potes réunis.

Premier village, je doute de la voie, vers l’Est, mais les flèches sont claires.
A 500m du village, je commence à penser que j’ai pris un autre chemin que le camino francès, un église apparaît, peut-être un autre village?

Eunate

J’arrive finalement à Saint-Eunate, j’avais pensé venir mais les kilomètres en plus me paraissaient superflus.
Maintenant que j’y suis, j’apprécie de m’y être laissé guider.

Retour sur la voie principale, la récolte est en cours dans les champs de maïs.
2 villages et peu de pèlerins avant la montée vers le mont.
J’entame la montée avec l’idée de ne m’arrêter qu’une fois au sommet.
Quelques pèlerins me saluent, peu m’arrêtent.
Arrivé au sommet, pas aussi impressionnant que la première fois, mais quelques rayons de soleil passent.

Froid, descente vers Pamplona, déconcertation dans les yeux de ceux qui montent, certains redoutent que ça soit encore long.

Village, plus bas, je retrouve les bancs d’un picnic, un québécois y est assis avec une ampoule, je lui laisse ma bétadine et du coton, il en aura plus besoin que moi maintenant.
Plus bas, beau regard croisé.

Typique entrée en ville, longue et épuisante pour les pieds.
Mauvaise question pour trouver l’auberge, je tourne un peu et trouve un autre pèlerin aussi en quête de lit.
Il trouvera un local qui nous conduit directement à une très bonne auberge.
Propre, machine à laver gratuite, le rêve pour tout nettoyer pour les prochains jours.

Et au final, je pense encore aller à Bilbao, en passant le lendemain à San Sebastian.
Ca me laisse une fuite en cas de changement de plan, et je tiens à mettre à l’épreuve cette dernière semaine de pensées.
Au pire, je n’aurai qu’à partir marcher dans l’autre sens.