Voici Votre Cerveau sous Ecstasy ^ Vraiment!

Une présentation de la neurochimie de la MDMA

Texte original : This is Your Brain on Ecstasy ^ Really! – An MDMA Neurochemistry Slideshow

© Copyright 1998-2014, Emanuel Sferios
Traduit en Français par Alexandre Girard

Cette présentation explique les effets de la MDMA sur votre cerveau. Une dose normale de MDMA produits des effets qui peuvent durer de 4 à 6 heures. Nous allons vous expliquer ce qu’il se passe dans le cerveau durant les différentes étapes de l’expérience MDMA, et nous allons décrire quelques changements dans le cerveaux qui peuvent avoir lieux après un usage fréquent à long terme. Cette présentation commence par quelques informations basiques et devient plus complexe au fil de la lecture. Ne vous inquiétez pas si vous voyez des termes techniques au début, tout sera expliquer plus tard dans un langage facile à comprendre.

Le Cerveau

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Voici un modèle d’un cerveau humain typique, montrant quelques zones basiques du cerveau. Chaque zone est responsables de certaines bases qui sont décrites ci-dessous. Vous n’avez pas besoin de mémoriser tout cela pour comprendre comment fonctionne la MDMA. C’est juste un échauffement, et vous pouvez passez à la section suivante (La Cellule Cérébrale) si vous voulez.

  • Le Lobe Frontal : contrôle le planning, organise, résoud les problèmes, et autres fonctions de haut niveau (comme les émotions, la personnalité, et la compréhension des conséquences)
  • Le Lobe Temporal : gère la mémoire visuelle et verbale
  • Le Lobe Pariétal : traduit les données tactiles, comme le touché ou la pression, ainsi que le langage parlé et écrit
  • Le Lobe Occipital : traduit les informations visuelles, incluant les formes et les couleurs
  • Le Cervelet : gère des choses comme le mouvement, l’équilibre et la coordination des muscles
  • Le Tronc Cérébral : contrôle les mécanismes basiques qui vous tiennent en vie : le rythme cardiaque, la respiration, la pression sanguine

La Cellule Cérébrale

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Voici un modèle d’une cellule typique du cerveau, aussi appelée le neurone. Un neurone est une cellule nerveuse qui transporte un signal électrique. Votre cerveau contient des milliards de cellules nerveuses. Une cellule nerveuse contient :

  • Un corps cellulaire, qui contient l’ADN et d’autres choses que la cellule à besoin pour faire son travail;
  • Des dendrites, qui reçoivent les signaux chimiques d’autres cellules; et
  • Un axone, qui transporte le signal électrique depuis le corps cellulaire jusqu’aux terminaisons de l’axone. Les terminaisons de l’axone contiennent des produits chimiques, appelés “neurotransmetteurs”, qui sont libérés afin de permettre à la cellule de communiquer avec les cellules voisines.

La sérotonine est un neurotransmetteur, et certaines cellules nerveuses ont des axones qui ne contiennent que de la sérotonine. Ces cellules s’appellent des “neurones sérotoninergiques”. D’autres cellules nerveuses produisent et libèrent différents neurotransmetteurs, comme la dopamine ou la norepinephrine, et certaines produisent et libèrent plusieurs neurotransmetteurs. Cependant, vos cellules sérotoninergiques ne peuvent produire et libérer que de la sérotonine.

Deux Cellules

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Ici, vous pouvez voir comment les terminaisons de l’axone, qui contient de la sérotonine (le neurotransmetteur que la MDMA libère), se situe très près des denditres d’autres neurones proches. Notez la séparation entre la terminaison de l’axone du neurone sérotoninergique et les dendrites de l’autre neurone. Cette séparation s’appelle une “synapse”, et c’est l’endroit où la sérotonine est libérée.
Bientôt nous ferons un zoom sur la synapse, et nous verrons ce qui se passe quand la MDMA permet de libérer une vaste quantité de sérotonine à cet endroit. Mais premièrement, voyons comment les cellules sérotoninergiques sont localisées dans le cerveau.

Les Axones Sérotoninergiques

Vos axones sérotonergiques commence dans le tronc cérébral, sont très longs, et sont connectés à toutes les zones de votre cerveau.

Vos axones sérotoninergiques commence dans le tronc cérébral, sont très longs, et sont connectés à toutes les zones de votre cerveau.

La plupart des cellules sérotoninergiques (en rouge) commencent dans une zone spécifique du tronc cérébral, appelé le noyaux du raphé. Leurs dendrites et corps cellulaires se trouvent ici, et ils ont de très longs axones qui s’étendent dans toutes les autres zones du cerveau.

Les axones sérotoninergiques sont bien plus denses et on beaucoup plus de branches en forme d’arbre que ce que l’on voit sur ce dessin. Ils sont aussi beaucoup plus long que ce qu’un diagramme peut facilement représenter. Si vous étirez un neurone sérotoninergique sur une table devant vous, il fera peut être 30cm de long, mais vous ne le verre pas tellement il est fin. La plupart des gens pensent que les cellules nerveuses sont plus courtes et contraintes dans une région précise (en bleu). Bien que certaines cellules nerveuses soit comme ça, ce n’est pas le cas des cellules sérotoninergiques. C’est en partie pour cette raison que la sérotonine joue un rôle si important dans beaucoup de fonctions nerveuses, comme la régulation de l’humeur, le rythme cardiaque, le sommeil, l’appétit, la douleur et bien d’autres.

Les Cellules Sérotoninergiques

Photographie des cellules sérotonergiques (surtout des axones) d'un cerveau de rat

Photographie des cellules sérotonergiques (surtout des axones) d’un cerveau de rat

Ceci est une photographie des cellules sérotoninergiques (surtout des axones) d’un cerveau de rat. Veuillez noter les branchements en forme d’arbre des axones.
Les espaces sombres autour des cellules sérotoninergique sont en fait densément remplis par d’autres cellules nerveuses. Vous ne le voyez pas sur cette image car seules les cellules sérotoninergiques ont été colorisées pour être visibles.

La Libération de la Sérotonine

L'ecstasy permet à vos cellules sérotonergiques (en jaune) de libérer de larges quantités de sérotonines.

L’ecstasy permet à vos cellules sérotonergiques (en jaune) de libérer de larges quantités de sérotonines.

L’ecstasy permet à vos cellules sérotoninergiques (en jaune) de libérer de larges quantités de sérotonines (les petits points rouges) qui sont stockés dans les terminaisons de l’axone. Cette libération massive de sérotonine est responsable des effets subjectifs primaires de la MDMA.

La MDMA libère aussi indirectement des neurotransmetteurs comme la dopamine et d’autres hormones comme l’ocytocine et la prolactine, mais c’est un effet secondaire de la libération de sérotonine.

Les Vésicules

La terminaison de l'axone contient des petites vésicules qui contiennent des molécules de sérotonine.

La terminaison de l’axone contient des petites vésicules qui contiennent des molécules de sérotonine.

La terminaison de l’axone contient des petites vésicules qui contiennent des molécules de sérotonine. Quand une charge électrique descend dans l’axone, ces vésicules se fondent dans la membrane externe de la terminaison de l’axone et libèrent la sérotonine dans la synapse.

Plan large d’une Synapse

Une vue plus large de la synapse, avec les vésicules contenant la sérotonine.

Une vue plus large de la synapse, avec les vésicules contenant la sérotonine.

En se rapprochant un peu de la synapse, nous pouvons voir quelques molécules de sérotonines flotter. Nous pouvons aussi voir quelques tranporteurs à sérotonine sur la membrane de la terminaison de l’axone, ainsi que des récepteurs sur le dendrite du neurone voisin.
Afin de comprendre le fonctionnement de la MDMA dans le cerveau, et pourquoi elle produit les effets qu’elle produit, vous devez comprendre le rôle des transporteurs et des recepteurs. Mais d’abord, juste pour s’amuser, revenons sur une photographie d’une synapse…

Photo d’un Synapse

 Photographie d'une terminaison d'un axone sérotoninergique (en haut), une dendrite (en bas), et la synapse entre eux.


Photographie d’une terminaison d’un axone sérotoninergique (en haut), une dendrite (en bas), et la synapse entre eux.

Photographie d’une terminaison d’un axone sérotoninergique (en haut), une dendrite (en bas), et la synapse entre eux. Notez les vésicules remplies de sérotonine dans la terminaison de l’axone. Sur cette image, vous ne pouvez pas voir les molécules de sérotonine, ni les transporteurs ou les récepteurs, car ils sont trop petits.
Cependant, vous pouvez imaginer les molécules de sérotonines flotter dans cette espace gris. Notez aussi qu’il y a d’autres dendritres sur cette image mais qu’elles n’ont pas été colorées comme celle qui est bien visible.

Zoom sur une Synapse

L'activation des récepteurs sérotoninergiques est la première cause des effets subjectifs de la MDMA.

L’activation des récepteurs sérotoninergiques est la première cause des effets subjectifs de la MDMA.

Maintenant on commence à s’amuser. C’est une vue rapprochée d’un vésicule libérant de la sérotonine dans la synapse.

De l’autre côté de la synapse, attaché à la membrane de la dendrite, on trouve ce qui s’appelle des récepteurs. Il existe des récepteurs pour beaucoup de neuro-transmetteurs. Disons que ceux coloré en rose sont pout la sérotonine et ceux en vert pour la dopamine. Notez comment la molécule de sérotonine peut facilement se fixer sur le récepteur à sérotonine, mais pas sur le récepteur à dopamine (ou tout autre typede récepteur). Les récepteurs sérotoninergiques sont adaptés spécifiquement aux molécules de sérotonine.
Quand une molécule de sérotonine s’attache à un récepteur, ce qu’on l’activation du récepteur, le récepteur envoie une information chimique depuis la dendrite vers le corps cellulaire du neurone. Le corps cellulaire décide ensuite, suivant les informations reçues par tous ses récepteurs, s’il faut ou non envoyer une impulsion électrique dans son axone. Si un nombre critique d’activation de récepteurs à lieu, alors l’axone sera activé, permettant la libération d’autres neurotransmetteurs dans d’autres synapses. C’est ainsi que votre cerveau communique, et tout ceci se passe dans votre cerveau à un rythme normal en permanence.

Des recherches ont montré que votre humeur est en partie influencée par le nombre d’activation sérotoninergiques. Que vous êtes heureux, il est probable que vous ayez un plus grand nombre de récepteurs sérotoninergiques activés. Les évènements positifs dans votre vie (comme tombé amoureux, par exemple) libèrent une plus grande quantité de sérotonine, augmentant le nombre d’activation des récepteurs. Comme le fait de prendre de l’ecstasy. L’activation de récepteur sérotoninergiques est la cause primaire des effets subjectifs de la MDMA.

Après un certain temps, la molécule de sérotonine va se détacher (“désactivation”) du récepteur, et flotter vers la synapse. Quand ça arrive, le récepteur arrête d’envoyer un signal chimique au corps cellulaire, et attend qu’une autre molécule de sérotonine se fixe sur lui.

(Ces choses jaune sur la membrane de la terminaison de l’axone sont des transporteurs à sérotonine, n’en tenez pas compte pour l’instant.)

Quand vous prenez de l’Ecstasy

Quand vous prenez de l'ecstasy, les vésicules libèrent des quantités énormes de sérotonine dans la synapse.

Quand vous prenez de l’ecstasy, les vésicules libèrent des quantités énormes de sérotonine dans la synapse.

Quand vous prenez de l’ecstasy, les vésicules libèrent des quantités énormes de sérotonine dans la synapse.. Cela augmente significativement l’activation des récepteurs sérotoninergiques (plus de sérotonines dans la synapse augmente les chance que certaines se fixeront sur les récepteurs). Cette augmentation d’activité des récepteurs amène à un changement significatif des impulsions électriques dans le cerveau et tout cela est la première cause de l’expérience de la MDMA (de l’empathie, de la joie, une meilleure sociabilité, une sensation du touché plus nette, etc.).

Notez qu’il y a aussi de la dopamine dans la synapse (en bleu). La MDMA libère aussi de la dopamine (depuis les cellules dopaminergiques), mais ne parlons pas de ça pour l’instant. Gardez-le en tête car cette partie reviendra plus tard quand on parlera de neurotoxicité. Pour l’instant, notez juste que les récepteurs dopaminergiques ont aussi été activé.
Les effets d’une dose normale d’ecstasy dur de 4 à 6 heures. Nous allons voir ce qui se passe dans le cerveau aux différentes étapes de l’expérience de l’ecstasy, ainsi que les changements qui peuvent avoir lieu dans le cerveau à long terme après un usage fréquent. Mais pour l’instant, voyons ce qui se passe avec les transporteurs (le truc qui ressemble à un “H” en jaune). Pour comprendre comme l’ecstasy fonctionne dans le temps au niveau du cerveau, il est important de savoir ce que font ces choses.

Transporteurs de Recapture de la Sérotonine

Les transporteurs de recapture de la sérotonine fonctionne comme des portes tournantes, capturant la sérotonine dans la synapse pour la renvoyer dans l'axone.

Les transporteurs de recapture de la sérotonine fonctionne comme des portes tournantes, capturant la sérotonine dans la synapse pour la renvoyer dans l’axone.

En plus de se fixer sur les récepteurs de la dendrite, les molécules de sérotonines se fixent aussi sur les transporteurs de recapture de l’axone. Ces transporteurs prennent la molécule et la renvoie dans la terminaison de l’axone. Ils sont parfois appelés “pompes” et on peut les imaginer comme des portes tournantes. La sérotonine entre d’un côté, et la porte tourne pour la renvoyer de l’autre côté. Nous voyons ici 4 pompes de recapture à différentes étapes du transport de la sérotonine. Imaginez les en train de tourner et de transporter la sérotonine depuis la synapse vers l’axone.

Les transporteurs de recapture réduisent la quantité de sérotonine dans la synapse. Gardez à l’esprit que ça ne marche que dans un sens. La sérotonine ne peuvent pas s’en servir pour aller dans l’autre sens, ça ne fonctionne que depuis la synapse vers les vésicules. Pendant que les pompes de recapture renvoient la sérotonine dans l’axone, une partie de cette sérotonine retourne dans des vésicule, où la MDMA peut permettre sa libération de nouveau. Cependant, une partie se casse avec le monoamine oxydase.

La monoamine oxydase casse votre sérotonine

La monoamine oxidase casse votre sérotonine au fil du temps.

La monoamine oxydase casse votre sérotonine au fil du temps.

Au alentour de 3 heures pendant votre expérience de l’ecstasy, vos transporteurs sérotoninergiques auront retiré la plupart de la sérotonine qui se trouvait dans la synapse, mais il y en aura toujours assez pour activer les récepteurs, donc vous sentirez toujours les effets de la drogue. Cependant, assez rapidement, les transporteurs de recapture vont retirer toute la sérotonine de la synapse, et vous sentirez la descente.
Nous avons vu dans la dernière slide qu’une partie de la sérotonine retourne dans l’axone, où la MDMA peut la libérer de nouveau. C’est vrai, mais observez les marteaux dans l’axone. C’est la “monoamine oxydase” (MAO), une enzyme qui casse la sérotonine (souvenez-vous, la sérotonine est une monoamine). Une fois que vos pompes de recapture ont enlevé la sérotonine de la synapse, la MAO la casse. La MAO ne ressemble pas vraiment à un marteau, mais c’est plus facile de se souvenir à quoi elle sert en l’imaginant comme un marteau qui casse les molécules de sérotonine. Notez aussi que les récepteurs dopaminergiques sont toujours activés.

Quand vous commencez la descente

Quand vous commencez la descente, il y a moins de sérotonine pour activer les récepteurs.

Quand vous commencez la descente, il y a moins de sérotonine pour activer les récepteurs.

Veuillez d’abord observer que le nombre de récepteurs sérotoninergiques activés a diminué car il y a moins de sérotonine dans la synapse. Cela signifie que vous allez commencer à vous sentir normal de nouveau. Aussi, les pompes de recapture sont toujours en train de retirer la sérotonine de la synapse, comme d’habitude, et la MAO continue son travail de cassage. Notez que les niveaux de dopamines dans la synapse n’ont pas diminué comme ceux de la sérotonine. C’est parce que la dopamine se remplie plus vite que la sérotonine. Notez aussi qu’il y a moins de sérotonine dans vos vésicules; c’est principalement pour cette raison que vous commencez la descente. Il n’y a simplement plus de sérotonine à libérer. La MDMA peut toujours être dans le coin pour demander à vos vésicules d’en libérer plus, mais il n’y en a plus assez. Après environ 4 heures, l’ecstasy a utilisé la plupart de votre sérotonine.

Vous pourriez prendre plus d’ecstasy à ce moment, ce que font beaucoup de gens. Cependant, ça ne fonctionne pas comme ça. Vous ne pouvez pas reprendre plus d’ecstasy pour retrouver les sensation de l’ecstasy. Pourquoi? Parce que la sensation de l’ecstasy n’est que la “sensation de la sérotonine”, et vous n’avez alors plus de sérotonine à ressentir. (Cela peut prendre du temps à votre cerveau d’en refaire, nous en discuterons bientôt.) Évidemment, si vous utilisez un dosage plus bas que la normale, vous n’avez peut être pas libéré toute votre sérotonine, et vous pourriez dans ce cas ressentir de nouveau les effets si vous en preniez plus. Vous ne pouvez pas faire ça toute la nuit cependant. Vous arriverez à un point (tôt ou tard) où vous aurez tellement appauvri vos niveaux de sérotonine que la reprise d’ecstasy n’aura aucun effet.

Descendre encore plus

Après une descente d'ecstasy, vous aurez peut être moins de sérotonine qu'avant.

Après une descente d’ecstasy, vous aurez peut être moins de sérotonine qu’avant.

Suivant la quantité de MDMA que vous avez pris, vous aurez peut être tellement appauvri votre niveau de sérotonine qu’il y aura moins d’activation de récepteurs qu’avant votre prise d’ecstasy, quand vous aviez une activité cérébrale normale. Cela peut provoquer une humeur négative et une sensation de dépression que certains utilisateurs ressentent quand ils descendent. Vous pouvez même vous sentir vraiment déprimé à ce moment, extrêmement associable, fatigué et irritable.
Certaines personnes peuvent être tentées de prendre plus d’ecstasy car le contraste avec ce qu’ils ressentaient une heure plus tôt et comment ils se sentent maintenant est tellement extrême. Mais s’ils en prennent plus, ça ne fonctionne plus. Bien qu’ils peuvent avoir un peu plus d’énergie (par exemple être plus réactifs), ils ne retrouveront pas le sens le l’empathie ou les autres effets de la MDMA. Souvenez-vous, l’ecstasy libère (puis appauvri) la sérotonine que vous avez déjà, mais elle ne permet pas la création de plus de sérotonine.

Est-ce que ces niveaux bas de sérotonine peuvent provoquer des dépressions?

Oui. La MDMA peut provoquer des périodes de dépression temporaires et prolongées, pour quelques raison pharmacologique. Une des raison est un niveau bas perpétuel de sérotonine après un usage hebdomadaire de MDMA. Si vous prenez de l’ecstasy régulièrement, vous allez peut être libérer et appauvrir votre niveau de sérotonine avant qu’il puisse se regénérer. Cela signifie que vos niveaux de sérotonine seront moins remplis que d’habitude, et cela peut provoquer une dépression.

Comment le cerveau fabrique-t-il de la sérotonine en premier lieu? Vos cellules cérébrales sérotoninergiques produisent de la sérotonine quand l’acide aminé appelé 5-Hydroxy-Tryptophan (5-htp) entre dans la cellule et rentre en contact avec un enzyme appelé décarboxylase. La décarboxylase prend une partie de la molécule 5-htp, la transformant en 5-ht (un autre nom pour la sérotonine). Il y a beaucoup de décarboxylases dans vos cellules cérébrales, mais le niveau de 5-htp peut varier. Certains consommateurs d’ecstasy prennent des suppléments de 5-htp afin de restaurer leur niveau de sérotonine plus rapidement. Le L-tryptophane est un autre acide aminé qui va faire la même chose, vu que c’est un précurseur du 5-htp. Une nourriture riche en protéine contenant du tryptophane peut aussi aider à augmenter la quantité de 5-htp dans votre cerveau, aidant ainsi votre cerveau à produire de la sérotonine plus rapidement.

Pourquoi cela prend aussi longtemps de retrouver ces niveaux après avoir été appauvri par la MDMA? Normalement, votre cerveau a besoin d’un long moment pour produire de la sérotonine. Pourquoi? Une des raisons est que le tryptophane doit passer par un certains nombre de transformation métabolique avant qu’il se transforme en 5-htp. Une autre raison est simplement que le cerveau n’est pas fait pour produire de la sérotonine très rapidement. Normalement, il n’a pas besoin de le faire car d’habitude la sérotonine n’est pas libérée en grande quantité. À titre de comparaison, la dopamine est libérée en plus grande quantité dans des circonstances normales, et votre cerveau est bien construit pour régénérer la dopamine beaucoup plus rapidement. Des chercheurs disent que le système dopaminergique est “robuste” dans ce sens, alors que le système sérotoninergique est “délicat”.

Régulation à la baisse des récepteurs sérotoninergiques

La régulation à la baisse peut provoquer une dépression meme après la restauration des niveaux de sérotonine dans le cerveau.

La régulation à la baisse peut provoquer une dépression même après la restauration des niveaux de sérotonine dans le cerveau.

La régulation à la baisse des récepteurs sérotoninergiques peut être une autre raison pour laquelle vous pouvez devenir déprimé après avoir pris de la MDMA fréquemment. Qu’est-ce que cela signifie? Et bien, le cerveau est construit pour s’adapter à des nouvelles circonstances. Une des façons que le cerveau à de s’adapter est en régulant les récepteurs à la hausse ou à la baisse. Si vous récepteurs sérotoninergiques deviennent hyper-activés par des molécules de sérotonine, ils peuvent se retirer de la membrane de la dendrite, se fermant ainsi pour un moment. Une théorie dit qu’ils font ça afin d’éviter d’être endommagés par une stimulation trop forte. Une autre théorie dit que c’est juste une façon pour le cerveau de maintenir un état normal, équilibré. Quelque soit la bonne théorie, il est prouvé que les récepteurs sérotoninergiques seront régulés à la baisse si on les bombarde avec de grosses quantité de sérotonine pendant un certain temps.

La régulation à la baisse peut provoquer une dépression même après la restauration des niveaux de sérotonine. Cela se passe car la sérotonine ne peut pas se fixer sur des récepteurs régulés à la baisse. Beaucoup de consommateurs d’ecstasy font part d’une période de dépression qui peut durer plusieurs mois, même après qu’ils aient arrêté de prendre de l’ecstasy. Gardez à l’esprit, cependant, que ce sont des retours anecdotiques, et que la plupart des utilisateurs ne font pas l’expérience de périodes prolongées de dépression après avoir pris de la MDMA. Il se pourrait très bien que ces gens traversent une période de dépression, même s’ils n’avaient pas pris de MDMA. La causalité est cependant difficile à déterminer. Toutefois, il est probable qu’un usage fréquent de la MDMA peut exacerber la dépression chez les personne prédisposées. Pour plus d’information sur la MDMA et la dépression, rendrez-vous sur la page de DanceSafe.org dédié à la MDMA et la dépression.

Comment l’ecstasy permet de libérer la sérotonine?

La MDMA libère la sérotonine en entrant dans les transporteurs de recapture

La MDMA libère la sérotonine en entrant dans les transporteurs de recapture

Nous avons ignorer ce point pendant un moment car il aurait été troublant de le présenter plus tôt. Mais nous pouvons maintenant en parler. La MDMA entre dans la terminaison de l’axone sérotoninergique à travers les transporteurs de recapture. Des chercheurs disent que la MDMA a une plus grande affinité pour le transporteur que la sérotonine (comme pour le Prozac). Cela signifie que la MDMA sera la première chose qui rentrera dans le terminal de l’axone. Une fois dedans, elle va interagir avec le vésicule, le poussant à libérer se sérotonine dans la synapse.

 Une autre théorie dit que la MDMA fait marcher les transporteurs de sérotonine à l'envers. Peut etre que ces 2 mécanismes ont lieu.


Une autre théorie dit que la MDMA fait marcher les transporteurs de sérotonine à l’envers. Peut être que ces 2 mécanismes ont lieu.

Une autre théorie, qui commence à être reconnue chez les chercheurs, dit que la MDMA fait marcher les transporteurs de sérotonine à l’envers, transportant la sérotonine depuis l’intérieur de l’axone directement dans la synapse, sans passer par les vésicules. Suivant cette théorie, une fois que la MDMA entre dans le transporteur, elle tombe dans la terminaison de l’axone, laissant le transporteur dans un tel état que la molécule de sérotonine peut maintenant se fixer là où la MDMA est passée.
Le transporteur tourne alors et dépose la molécule de sérotonine dans la synapse, une autre molécule de MDMA peut alors se fixer à la place libérée par la molécule de sérotonine.
(Note: le transporteur n’est simplement qu’un groupe de protéines qui peut changer de configuration ou de forme. Il ne tourne pas vraiment. Suivant sa configuration, certaines molécules ont plus de chances de s’y fixer. C’est ce qu’on appelle l’affinité. Quand une mol”cule avec une grande affinité se fixe à un transporteur, cela change la configuration du transporteur, ce qui peut éventuellement provoquer le détachement de la molécule, parfois de l’autre côté de la membrane. C’est ce qui rend le transporteur capable de “transporter” des molécules entre la synapse et l’axone.)

Le Peak de l’Expérience

Ceci est votre cerveau sous ecstasy, vraiment.

Si vous pouvez décrire tout ce qui se passe ici, alors vous avez tout compris.

Si vous pouvez décrire tout ce qui se passe ici, alors vous avez tout compris.

Que se passe-t-il si vous prennez de l’ecstasy alors que vous etes sous Prozac?

 Le Prozac empèche la MDMA de fonctionner car il se fixe au transporteurs de recapture sérotoninergiques.


Le Prozac empèche la MDMA de fonctionner car il se fixe au transporteurs de recapture sérotoninergiques.

Le Prozac a une plus grande affinité pour le transporteur de recapture que la MDMA ou la sérotonine. La plupart des gens sous Prozac ne ressente pas les effets de la MDMA quand ils en prennent car la MDMA ne peut pas se rendre à l’intérieur de la terminaison de l’axone sérotoninergique afin de libérer la sérotonine. Cela est aussi vrai pour les autres IRS (inhibiteurs de la recapture de la sérotonine), comme le Zoloft ou le Paxil. Suivant le dosage de l’IRS, le consommateur peut ressentir un petit quelque chose, mais les effets primaires seront pour la plupart absents.

Partie II : Neurotoxicité

On pense que la neurotoxicité de la MDMA est le résultat de la dopamine qui se retrouve dans l'axone sérotoninergique une fois qu'il manque autant de sérotonine.

On pense que la neurotoxicité de la MDMA est le résultat de la dopamine qui se retrouve dans l’axone sérotoninergique une fois qu’il manque autant de sérotonine.

La prochaine section de cette présentation parle de la neurotoxicité de la MDMA. Si vous avez tout compris jusqu’à présent, vous ne devriez pas avoir de soucis pour comprendre cette section. Quand vous aurez fini, vous aurez peut être envie d’avoir une analyse plus détaillée, vous pourrez la retrouver sur la page “Is MDMA Neurotoxic?” de DanceSafe.org.

Voici l’explication de la théorie actuelle sur la cause des dégat neurotoxique provoqués par la MDMA sur des animaux de laboratoire. Une fois que la MDMA a appauvri la sérotonine, les transporteurs de recaptures sont laissés à l’abandon et exposés. Quand cela arrive, la dopamine entre dans le transporteur et se retrouve dans l’axone sérotoninergique, où elle n’est pas sensée etre. Des études ont montré qe la dopamine est toxique dans une cellule sérotoninergique, et que cette toxicité augment quand la MAO casse la dopamine en pérocide d’hydrogène. Le péroxide d’hydrogène “oxide” ensuite certaines parties de la cellule, des parties qui ne sont pas normallement oxidées (“oxidé”, utilisé ici, veut dire qu’elle casse avec l’oxygène). Des chercheurs parlent parfois de stress oxidatif.
Pour récapituler, nous avons (1) un appauvrissement de la sérotoinine provoqué par les transporteurs qui deviennent vides. Puis (2) la dopamine, qui se retrouve maintenant à un niveau plus important dans la synapse, et entre dans le transporteur de recapture. (3) Cette dopamine est cassée par la MAO et se transforme en péroxide d’hydrogène. (4) Le péroxide d’hydrogène et le reste de la dopamine sont toxiques pour la cellule, ce qui produit un stress oxidatif.

Comment en sont-ils arrivés à cette théorie? Et, existe-t-il des preuves de ça ?

Les chercheurs qui sont arrivés à cette conclusion (Jon E. Sprague, Shannon L. Everman and David E. Nichols) appellent cela une “hypothèse intégrée.” Ils observent les résultats d’une décennie de recherches sur la MDMA et essayent de joindre les pièces entre elles. Ils en sont arrivés à cette théorie pendant l’été 1997, et ils l’ont publié en 1998. À cette date, c’est toujours la théorie dominante pour expliquer les dégats provoqués par la MDMA sur les animaux de laboratoires et elle s’appliquerait très bien chez les humains si les dégâts neurotoxique chez les humains étaient prouvés.

Détails techniques

En lisant les précédentes recherches, il parait clair que la dopamine joue un rôle important dans la neurotoxicité de la MDMA. Par exemple, en 1988, on a découvert que les rats pré-traités avec de la a-methyl-p-tyrosine, une substance qui inhibe la synthèse de la dopamine, prévient la neurotoxicité de la MDMA (Stone et al., 1988). Aussi, en 1990, une autre étude à montrer que si l’on détruit toutes les terminaisons dopaminergiques du rat avant de lui donner de la MDMA (éliminant ainsi toute leur dopamine), il ne perd aucun axone sérotoninergique (Schmidt et al., 1990). La meme année ils ont découvert que si vous donnez du L-DOPA au rats, un précurseur de la dopamine, alors la MDMA provoque plus de dégats. Et une étude de 1991 a montré une corrolation linéaire che le rat entre la quantité libérée de dopamine et l’étendue de la perte d’axone impacté par la MDMA (Nash and Nichols, 1991).

En 1987, ds chercheurs ont découvert que la MDMA libère la dopamine (Schmidt et al., 1987, Steele et al., 1987). Ils ont ensuite découvert en 1996 que la sérotonine libérée augmente aussi la dopamine libérée (Gudelsky and Nash, 1996). Cela arrive car un des récepteur sérotoninergique (le récepteur 2A), quand il est activé par la sérotonine, stimule la synthèse et la libération de la dopamine (Nash, Schmidt et al., 1990). Aussi, on a observé que les drogues qui bloquent les récepteurs 2A permettent de réduire les niveaux de dopamine extracellulaire.

Ils ont aussi découvert que la recapture de dopamine dans les terminaisons sérotoninergique ont aussi lieu (Faraj et al., 1994), et que le dosage de la terminaison contient en fait un type de MAO connu pour métaboliser la dopamine (MAO-B). Pour epliquer encore mieux cette théorie, ils ont découvert en 1995 que les inhibiteurs de MAO-B (L-deprenyl or MDL-72974) réduisent les dégâts neurotoxiques chez les rats qui ont reçu 40mg/kg de MDMA.

Le Prozac prévient de la neurotoxicité de la MDMA chez les animaux

Le Prozac prévient de la neurotoxicité de la MDMA chez les animaux, s'ils l'ont reçu 6 heures avant de prendre de la MDMA.

Le Prozac prévient de la neurotoxicité de la MDMA chez les animaux, s’ils l’ont reçu 6 heures avant de prendre de la MDMA.

Un certain nombre de recherches montre que les inhibiteurs de la recapture de la sérotonine (IRS), comme le prozac, préviennent des effets neurotoxiques de la MDMA. Cela arrive car les IRS se fixent aux transporteurs de recapture, empechant la dopamine de rentrer dans la terminaison de l’axone sérotoninergique. notez que le prozac se fixe parfaitement au transporteur. Les chercheurs parlent d’affinité et disent que le prozac a une plus grande affinité pour le transporteur de recapture que les autres molécules dans la synapse, incluant la sérotonine et la MDMA. En d’autres mots, l Prozac va se fixer au transporteur en premier. Il va y rester pendant un temps assez long. Le prozac a une demi-vie de 30 heures, ce qui signifie que la moitié du Prozac a quitté votre corps après 30h, et la moitié de ce qu’il reste part encore après 30 heurs, etc. On appelle ces IRS “durable”. Ils se fixent aux transporteurs pour une plus grande période de temps que les autre IRS. Des recherches ont montré que les niveaux de sérotonines dans le cerveau restent relativement appauvris pour environ 24h après un gros dosage. C’est pendant ce laps de temps (entre 6 et 24 heurs après le dosage) que les transporteurs sérotoninergiques du cerveaux sont vides et vulnérables, et c’est aussi pendant ce laps de temps que les dégats neurotoxiques ont lieu (u moins chez les animaux). Cela veut dire que le Prozac est peut être plus efficace pour prévenir de la neurotoxicité de la MDMA que les autres IRS, ceux-ci ne restant pas assez longtemps dans le cerveau.
Une observation important dans ces études est que le prozac prévient des dégâts neurotoxiques quand il est donné 6 heures après la MDMA. Cela a été démontré dans une étude dans laquelle les chercheurs ont injecté de la MDMA à tous les animaux, et, à chaque heure, ils ont donné à certains animaux une dose de prozac. Seuls les animaux qui ont reçu du prozac pendant les 6 premières heures n’ont pas eu de dégâts neurotoxiques. Ceux qui ont reçu une injection de Prozac à la septième, huitième, neuvième, et dixième heure, etc., ont eu des dégât, avec plus de dégâts pour ceux qui ont reçu le prozac le plus tard.

Et pour les humains?

Aucune étude n’a été faites pour montrer l’efficacité du prozac comme agent neuro-protecteur contre la neurotoxicité de la MDMA chez les humains, et il n’y a pas de raison de penser que les cerveaux humains réagissent différemment que les cerveaux d’animaux.

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2 Responses to “Voici Votre Cerveau sous Ecstasy ^ Vraiment!”

  1. catherine lorin

    Peut-être pourrez -vous répondre à une interrogation que j’ai suite à ma lecture sur les travaux de Pier Vincenzo Piazza sur l’addiction. Il dit que c’est une “perte de la plasticité synaptique” qui explique le basculement vers l’addiction. Chez les animaux qui développent une addiction, poursuit-il, les synapses sont devenues incapables de faire de la “dépression à long terme”.
    Que veut-dire faire de la dépression pour une synapse et faut-il comprendre qu’à l’état normal les synapses font de la dépression. Je pensais que c’était un état anormal.

    Merci de m’éclairer,
    Catherine Lorin

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  2. nath_cervelle_02

    En faite c’est un trop plein de cellules artificiel, que le cerveau à du mal à gérer par la suite. Merci pour l’article.

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